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ERTé "Culture informationnelle et curriculum documentaire" : la naissance du projet scientifique

Le 18-03-2008 à 19:01 par Erté culture informationnelle et curriculum doc. In Le projet scientifique.

           Cette recherche a pour objectif une rationalisation des apprentissages documentaires tout au long des cursus, de l’école à l’université. Elle trouve son origine dans une action collective, les Assises nationales pour l’éducation à l’information (mars 2003). Elle correspond à une demande des professionnels de la documentation en milieu éducatif, pour lesquels cette question est depuis longtemps un thème récurrent. Elle répond également à la demande d’enseignants de toutes disciplines souhaitant inclure une formation méthodologique documentaire dans leur enseignement.


A la suite des Assises nationales pour l’éducation à l’information

Dans la ligne de cette réflexion, le 11 et 12 mars 2003, se déroulaient à Paris, au Ministère de la recherche, les Assises nationales pour l’éducation à l’information.Ces Assises se sont tenues à l’instigation d’acteurs de terrain appartenant à diverses structures d’enseignement et de recherche : la FADBEN, le GREMI, l’INRP, l’Université de Paris3/CEVU, l’URFIST de Paris.

D’autres organismes et institutions ont également apporté leur soutien : L’ADBU (Association des Directeurs de Bibliothèques Universitaires), le CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Moyens d’Information); le CNDP (Centre National de Documentation pédagogique), le Groupe Edudoc (Belgique), la SFIC (Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication), le Ministère de la Recherche/ Carré des sciences, l’AFL (Association Française pour la Lecture), l’Université Denis Diderot Paris 7 / UFR EILA (Études Interculturelles de Langues Appliquées, les URFIST (Unité Régionale de Formation à l’Information Scientifique et Technique) de Lyon, Nice, Rennes, Toulouse et Strasbourg.

Le point de départ des Assises était un constat mitigé : il semblait aux professionnels de l’information et de la documentation qu’en dépit de l’accroissement du nombre des Bibliothèques Centres Documentaires (BCD), Centres de Documentation et d’Information (CDI) et Bibliothèques Universitaires (BU) depuis deux décennies, la prise en charge effective de la formation à l’information dans l’enseignement, n’était toujours pas reconnue comme une nécessité résultant d’une exigence de démocratisation. Souvent mentionnée dans les textes ministériels de réforme de l’éducation„ elle n’était inscrite, sur le plan des dispositifs, ni dans les priorités des pratiques éducatives ni dans la formation professionnelles des enseignants. Les savoirs à transmettre étaient mal identifiés, et leur transmission, la plupart du temps, était soumise aux aléas des conjonctures locales.

Pourtant, l’affirmation des enjeux sociaux, culturels et politiques de l’éducation à cette pratique sociale n’est pas récente ; son apparition dans les discours officiels remonte aux années 50 pour l’introduction du document et aux années 70 pour l’opérationnalisation pédagogique dans un contexte de massification de l’enseignement secondaire et de constructions scolaires. Au cours de cette période, en effet, l’espace d’information et de documentation a été intégré à l’architecture des établissements.

Aujourd’hui, le droit à l’information est devenu une préoccupation éducative à l’échelle internationale. Il a été reconnu par les instances telles que l’UNESCO ou dans la Déclarationde Copenhague en octobre 2002 lors du Sommet sur les compétences numériques, ou encore lors de la conférence Information Literacy meeting of Experts, réunie à Prague en septembre 2003.

En 1989,le Rapport du Comité présidentiel sur la culture de l ’information de l’ALA (American Library Association) affirmait qu’au final les personnes qui possèdent une «culture de l’information sont celles qui ont appris à apprendre». Ce principe fut repris plus récemment dans le texte de la commission européenne (Les futurs objectifs concrets de systèmes d’éducation).

Avec le développement des technologies de l’information et la montée d’une économie en réseaux numériques, l’intérêt s’est porté sur la nécessaire connaissance des outils informatiques et des nouveaux moyens de communication comme en témoignent de nombreux rapports publiés depuis quelques décennies qui mettent aussi en valeur l’importance de la formation à l’information dans les activités socioéconomiques et civiques.

Aux Etats Unis, le Rapport SCANS a identifié la compétence informationnelle comme l’une des cinq, nécessaires pour le marché du travail.

En France, plusieurs études ont été publiées : le rapport MAYER Information et compétitivité présenté en 1990 dans le cadre du Commissariat général au Plan, préconise des actions de formation du niveau primaire à l’enseignement supérieur et même dans le cadre de la formation permanente. Un groupe de travail du ministère de la Recherche et de la Technologie, présidé par Hervé SEYRIEX, réaffirme cette nécessité en 1991. Parmi ces textes, plusieurs rapports émanent du Sénat :

  • le rapport SERUSCLAT sur Les nouvelles technologies et la citoyenneté en 1991
  • le rapport GERARD Réseaux et multimédia dans l’éducation. Ce dernier suggère « la mise en place d’un enseignement modulaire coordonné par l’enseignant documentaliste, dont les progressions, la répartition horaire, les modalités pédagogiques, seront inscrites au projet d’établissement. »

Quelques mois après, le Premier Ministre présentait le PAGSI (programme d’action gouvernemental pour la société de l’information) dans sa déclaration du 16 janvier 1998 : Préparer la France à l’entrée dans la société de l’information.

Ces nombreuses études, rapports, déclarations, qui n’ont pas toujours été suivis de décisions débouchant sur des dispositions concrètes, témoignent cependant de l’intérêt des pouvoirs publics pour les enjeux sociaux de l’éducation à l’information.

Les changements technologiques renforcent actuellement le rôle des professeurs-documentalistes comme « organisateurs des ressources » et « conseillers en recherche d’information » selon les expressions du rapport de l’Inspecteur général Durpaire remis récemment (IGEN, mai 2004), mais ces enseignants, comme ceux des autres disciplines, sont divisés sur l’usage du CDI et sur leur propre rôle en matière de formation des élèves à l’information. La contradiction entre la formation dispensée aux futurs professeurs documentalistes et les contraintes et représentations des acteurs du terrain est souvent très forte.

Parallèlement, dans l’enseignement supérieur, le rôle des professionnels des bibliothèques et de la documentation a été repositionné par l’introduction de nouveaux outils et supports et par la mise en œuvre de modules de méthodologie du travail universitaire.

Plus récemment, la publication du Rapport THELOT, résultat d’une large concertation ne retient au final, pour les contenus de l’école obligatoire, en dehors des grands fondamentaux, que la maîtrise de l’informatique, laissant de côté les médiations instrumentales et intellectuelles vers les savoirs et la question du pilotage du système d’information à finalité pédagogique de l’établissement.

L’inscription de l’éducation à l’information dans les finalités du système éducatif, l’effort pour penser la formation documentaire de la maternelle à l’université semblent donc aujourd’hui nécessaires pour aider l’institution éducative à résoudre la question de l’échec scolaire et à trouver les réponses pertinentes aux défis civiques, scientifiques et technologiques de notre temps.

Les pays où les progrès les plus significatifs en terme de formation ont été enregistrés, comme les Etats Unis ou l’Australie, sont ceux qui ont inscrit ces exigences dans leur politique nationale d’éducation ou qui ont publié des « Guideslines » comme le Royaume Uni.

L’ERTE que nous proposons aujourd’hui, s’inscrit dans la continuité de la réflexion initiée par les Assises. Elle vise, à long terme, la construction d’un curriculum en documentation, c’est-à-dire un énoncé des principes et une analyse des études de cas et des situations contribuant à une progression didactique permettant aux apprenants d’acquérir la maîtrise de l’information tout au long de leur parcours scolaire et universitaire. Cette élaboration curriculaire devrait également avoir des répercussions sur la formation des enseignants-documentalistes, qu’elle devrait contribuer à moderniser et à rendre plus cohérente. Ainsi que sur une sensibilisation plus grande de tous les enseignants à ces apprentissages encore peu pris en compte ou légitimés dans les parcours actuels.

  Ce projet s’inscrit donc dans une question déjà ancienne de la documentation comme moyen denseignement ou comme “discipline”, et ceci dans le cadre des différentes réformes de l’enseignement. De plus, établir un curriculum suppose une réflexion préalable sur l’exercice des capacités envisagées dans des contextes sociaux d’usage à l’extérieur et à l’intérieur du système éducatif. Ce qui fait de l’ERté “Culture informationnelle et curriculum documentaire” un projet de recherche pluridisciplinaire, travaillant sur plusieurs axes de recherche